28/12/2003

carnet

Souvent, je m'attable avec quelques journaux, toujours les mêmes: quelques suppléments ou hebdomadaires littéraires échoués par la bienséance de quelques amis ou parents.

Je m'attable, je tourne les pages, mon regard glissant de ligne en ligne, je scande au mot à mot. Parfois, je laisse le temps me suspendre à la lecture d'un article, ou d'une volée de phrases. Introspection plaisante, abandon dans la découverte des tissus et des brides de songes, d'histoires et de contes qui, en souffrance, s'émeuvent tout au fond.

Cette suspension est intemporelle, je porte la main au carnet qui m'accompagne, je glisse quelques mots, phrases, idées neuves (mais déjà mortes enfouies, happées par le torrent des pensées). Viendra plus tard, le travail de l'archéologue, celui de dépoussiérer, de retracer les traits manquants, les idées absentes ou oubliées, qu'en ce carnet, j'aurai, dans l'empressement, pu éluder. Plaisir de noircir les pages d'un petit carnet de notes, sans savoir pour qui ou pourquoi cela se fait... Plaisir "étain" de m'imaginer ce tumulte d'idées être les fontes de quelques ébauches textuelles...

Curieux plaisir, attablé, les articles s'articulent, s'échafaudent, m'égarent. Si j'examine après coup, les références notées, je m'interroge sur ces reconnaissances que je leur octroie... Il m'est souvent arrivé, lors de mes escapades en librairies, de chercher des livres inscrits sur mes papiers en ayant oublié la raison même de ces mentions... Parfois, d'un regard au revers de l'objet de mes convoitises, la mémoire me revient. Parfois, il n'est de place que pour l'oubli de cet instant d'égarement qui me fit noter les références de tel ou tel... Alors, j'hésite, j'ouvre, "au hasard", et je parcours quelques lignes ou pages: actes dangereux, s'il en est, combien de livres me trahirent la surprise, le rebondissement et ainsi réduisirent à néant la mécanique alchimique et subtil de son auteur. Souvent, je fus conquis, cependant, je ne retrouve qu'accessoirement le pourquoi de cet aboutissement en mes mains, mais toujours, ou la plupart du temps, je fais confiance, achetant dans l'ignorance et dans le désir de savoir pourquoi, un titre, un auteur s'est invité au creux de mes errements...

 

 

Sous influence musicale

Avia, "I see that Now...", les disques du catalogue 

Avia, dont le "livret" mérite une attention particulière pour le voyage qu'il prodigue...

 


14:22 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

:) Toi, au moins tu retrouves ton petit carnet au moment voulu .... moi, jamais !! Mais pour le reste ... je me laisse glisser vers les livres au gré d'une page entrevue .
J'aime toujours autant tes posts .

Écrit par : Mel | 29/12/2003

amusant "jeu de piste"
je le pratique plutôt chez les disquaires
combien de fois n'ai je pas acheté "à l'aveugle"
sur un simple nom vaguement familier...

Écrit par : jerome | 30/12/2003

Mel: pour le petit carnet, cela tient de l'habitude... toujours le garder à portée de main... il ne prend pas plus de place qu'un paquet de clopes, et je le choisis pour qu'il tienne facilement dans une poche...
jerome: la plupart du temps, j'achète mes disques à l'aveugle... j'ai la chance que mes deux disquaires appartiennent encore à l'école de la classification par genre, ce qui m'aide singulièrement... A force d'aller les ennuyer régulièrement, ils ont fini par connaître ce qui pourrait me plaire, me troubler, m'affecter (au sens positif...), dès lors, j'adore, quand, entrant dans l'antre, ils me présentent ce qui leur est apparu comme "specially for jibi"...

Écrit par : jibi | 01/01/2004

coucou jibi Bonne santé
Pour une Année 2004 pleine de bonnes surprises
à partager dans la bonne humeur et la convivialité.
Fr@ncine (http://bruxelles2003.skynetblogs.be/)

Écrit par : francine | 02/01/2004

;) Sur toute les pages qui ne seront jamais lues la mémoir s'entasse, se casse, se renverse, s'éfface.Le carnet est une mémoir Physique de nos pensées.Non ?

Écrit par : Brice | 21/01/2005

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