25/11/2003

compte à thermes

J'aime beaucoup me retrouver dans cette ambiance. Une ambiance calme et détendue, hors piste, hors du temps, en tout cas c'est ainsi que je le ressens. Je ne m'y complais, cependant, pas assez souvent, et pourtant, le bonheur, le plaisir et la volupté qui émane de moi quand j'en franchis le seuil devrait contribuer à une certaine dépendance.

Evidement, pour un lecteur peu attentif, distrait, il doit planer une zone d'ombre sur la nature de mes propos, je le renverrai donc, simplement sur mon blog-notes afin de l'éclairer quelque peu.

Mais que s'y passe-t-il? A vrai dire, rien, ou pas grand chose. Et je crois que le "bien" réside justement dans cette absence d'occupation. Le rythme change, le désordre et le tumulte s'estompent. L'important se fait vide et bonheur de se sentir vivre.

Le parcours qui s'y opère est, pour moi, sans grande fantaisie, il est une succession de petits gestes, de petites actions teintés de pensées méditatives et de physiques sensations: le réveil de l'esprit à travers d'intenses perceptions. Je débute par une douche d'eau vive, s'ensuit une phase d'acclimatation, assis, les pieds barbotant dans un bassin. Je poursuis, après quelques minutes, par un hammam: sensations vaporeuses, vision vague et floue d'un univers sans limites, s'asseoir, écouter le bruit de l'eau, les murmures de quelques uns, le clapotis de l'eau ruisselante. Il fait chaud, la vapeur se colle à la peau, sensation étrange. Au bout d'une dizaine de minutes, j'accélère le rythme en me "rafraîchissant" sous une douche glaciale, je retourne m'asseoir dans la moiteur, l'effet est immédiat, mon sang s'active, mon corps réagit en un bouillonnement. A la sortie, je reprends une douche froide puis, je me plonge dans un bain d'eau glacée. J'alterne le chaud et le froid. Je rentre dans la piscine ou je me laisse bercer.

De petits gestes, de petites actions, je reprends une douche, je m'apaise, et poursuis par une succession de saunas. En saunas, l'air est particulier, l'odeur du bois chauffé, l'odeur de la chlorophylle, de l'eucalyptus, une odeur particulière qui me plaît et à laquelle il m'arrive d'associer, je ne sais pourquoi, le parfum du cacao, cela est infime cependant je ne parviens à en distancier la perception. L'air est sec et brûlant. Je m'étends sur un drap, et je laisse voguer les pensées. Au début, il y a toujours l'abondance, les pensées vont et viennent, j'associe mes mots, mes instants, les doutes et les certitudes, et petit à petit, tout se fond, la chaleur opérant. Les soucis me semblent vains et illusoires, un brin de distance s'installe en moi. Je sens la chaleur, ma respiration s'allonge, je ne bouge plus, je gis, paisible, les pensées se prélassant dans l'atmosphère. Tout est calme et silence. Je pressens des mouvements lents, de gens entrant et sortant, je pressens mais je n'en ai la certitude. Posé dans un repos, mon corps succombe à la chaleur. En gouttes légères et fines, la chaleur, sur la peau se dessine. Ma respiration est un balancier qui me maintient dans l'équilibre de cet état proche de l'ivresse. Le temps s'allonge et s'épuise dans l'ombre d'un sablier. Le temps s'égraine peu à peu, par instant, il a l'accent d'éternité mais quand le détachement s'opère, il file et s'éclipse. Après un quart d'heure, je sors, je me réfugie sous l'eau glacée, réaction vive, circulation activée, tous les sens en éveil, j'abuse de cette eau froide puis je me réfugie à nouveau dans la piscine, m'isolant et me prélassant dans le flottement avant d'entamer un nouveau cycle…

Après quelques heures, l'esprit est libéré, l'âme sereine guide mes pas dans un salon. Je m'y assieds, commande un jus de fruits, et plaisir suprême, je me retrouve, en tête-à-tête, avec un livre savamment choisi. J'évite plus que tout, en ce genre d'endroit le plaisir du thriller ou du policier, car si l'histoire me saisit, ma détente fait vite place à l'envie, au désir et aux trépidations du livre à rebondissements. Je lui préfère, non point le soporifique roman (que j'affectionne tant, pourtant, en d'autres instants), mais l'ouvrage propre à l'introspection. Ce genre de livre, qui, lut dans une pièce peuplée d'inconnus, vous fait porter un regard plein de bonheur, de curiosité sur ce monde qui vous entoure. J'aime ce genre de livre ou je peux deviner la vie de l'un ou l'autre, ou même et surtout, peut-être, la mienne. J'aime tourner les pages et entre chaque paragraphe deviner qui, de cette pièce, se cache derrière les mots…

Paisible dimanche gris, perdu dans mes pensées, j'ai traversé, fugace comme une ombre, le désert du temps. Au fond de moi, un sourire a trahi, le bonheur de cette détente intérieure… Doucement, il faut reprendre le fil de la vie, garder auprès de soi les idées claires qui sommeillent, les songes bleutés qui s'émerveillent, et qui, dans la vapeur ont imprégné mon être.

 

 

Sous influence musicale

Tied + Tickled Trio, " Observing Systems", morr music


17:00 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

17/11/2003

les petites choses

Les petites choses: une à une fixer les étoiles au ciel de mes nuits, allumer celles que j'ai laissées s'éteindre, avoir une pensée sincère, prendre le temps, accomplir les gestes simples.

Retour au primitif. D'abord un peu de papier prestement en boules serrées déposé, déchirer et ajouter un peu de cartons, de sciures, et puiser dans les brindilles glanées au cours d'une promenade passée. Tout est préparation et patience. Avoir froid n'est plus un problème quand on soupçonne l'idée du feu qui va naître. Il faut juste être patient et prendre son temps, ne pas "brûler" les étapes. Chaque chose a sa place. S'accroupir. Réfléchir. Craquer une allumette. Regarder, admirer la flamme fragile, sauvage et domestique qui se plie, qui se tord, qui s'étire, qui se gave d'un petit bout de bois. La porter avec précaution, la caresser au papier, rester accroupi et la regarder grandir, s'émerveiller et deviner l'orangé qui brille au fond de nos yeux. Porter un regard, le regard qu'ont ressenti des milliards d'Hommes. Sourire. Sourire pour rien. Sourire d'un rien, d'un rien qu'un petit feu qui réchauffe déjà, par son unique présence, le vide et le froid.

Imaginez! Imaginez-vous être moi… Imaginez-vous être un mot, une phrase, un verbe… Lequel seriez-vous?

Le bruit du vent, le bruit du silence, bruit en résonance sans consonance du bois qui craque et qui s'éclate…

Rien n'est plus simple que d'allumer un feu… Il faut juste savoir pour qui ou, pourquoi, cette nécessité nous habite parfois…

 

Sous influence musicale

Icebreaker International & Manual, "Into Forever", morr music


19:24 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

16/11/2003

Les perspectives de la vie…

Champ de glace, de joie, de rire et de peine. Mon horizon se définit, indubitablement en un simple trait. Epure facile d'une ligne sommeillant étroitement dans l'indicible de mon firmament. J'écris quelques lignes aujourd'hui, quelques lignes sur une perspective inconnue aux mécanismes secrets. Une perspective curieuse qui ne s'axe sur nul point de fuite. Juste un trait horizontal, tracé de gauche à droite, comme l'imperturbable ligne des temps…

J'écris quelques lignes qui, je l'espère, me seront quelques pistes à développer et d'ainsi réduire le néant de cette mélopée qui m'angoisse à présent.

Mon horizon en un simple trait, et point de fuite?!?

 

Sous influence musicale

boards of canada, "geogaddi", warp records


13:03 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |