20/10/2003

un mot

Laisser entrer les mots…

Ne pas se braquer, ne pas se brusquer…

Laisser.

Je me suis assis. Le regard perdu dans l'infini néant de mes pensées. Il n'y avait rien, ou si peu, que l'espace d'un instant, j'ai douté.

J'ai douté de l'existence.

L'esprit vide et ténu dans un phylactère d'une extrême vacuité, je me suis laissé aller. J'ai posé, dans cette absence, un mot. J'ai laissé l'articulation s'opérer en une intense souffrance cérébrale. Il n'y avait rien. Rien qu'un mot de plus.

Un mot, sujet de maintes questions.

Pourquoi lui? Pourquoi écrit ainsi?

Dans l'inanité d'une immensité désertique, j'ai placé un mot. Je m'interroge quant à la pertinence de mon propos…

Pourquoi ce mot? Cela me reste mystère, interrogation et spéculation d'une technicité intrinsèquement futile.

J'ai posé un mot, ce mot que je vous délivre emprisonné dans un écrin de guillemets: "univers".

Un mot vaste et complexe. Un mot qui me toise de son immensité. Un mot comme cela, pris au hasard de mes pensées. J'aime bien cette idée. Cette idée de choix.

Mais, je m'interroge.

Qui va l'accompagner?

 

Sous influence musicale

Crescent, "by the roads and the fields", Fat Cat Records



17:43 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

05/10/2003

vague

Pensées tubulaires tissées au gré d'un rouleau de mer bleuté…

J'écris une sensation, la sensation d'un infini copeau de temps. Le temps pour une vague de se briser et de m'engloutir dans le chaos de sa destruction.

Se retrouver là, au creux d'un rouleau nécessite un avant: le bruit de l'océan s'éclatant sur la côte ou quelques récifs, le son du vent vague et puissant. L'eau s'avance, se retire et s'étire… l'eau court et glisse, soulevant et emportant.

Harmonie d'un instant: la mer s'ouvre. Etre. Etre juste. Juste être, au bon endroit, au bon moment: tout est question d'espace et de temps, de patience, d'errance et de tâtonnements…

La mer s'élève, précision fugace d'un instant propulsé dans un doux ralenti au fond de ma rétine. La mer atteint un degré intense de verticalité, la mer est mur (mûre?), elle se dresse et s'avance, elle chancelle et… c'est l'instant.

Le bruit s'estompe, il change de sens, il n'est plus qu'imprécis, échos éperdus et sourds. Le son est important, par sa force, par le repère qu'il a imprimé dans notre perception du monde. Le son se fond. D'une spatialité géométrique, il s'écrase en un aplat teinté d'éternité.

La vague est là.

Elle entraîne, elle couvre, elle enveloppe, l'ombre pointe, la lumière disparaît, tout ondule, la mer happe…

Au creux d'une vague, je suis l'éclat, l'écume et l'amertume… je suis en son sein.  Le bruit et la lumière en fusion, l'espace d'une fraction infinitésimale de temps, j'ai senti. J'ai senti les forces en présence s'opposant, j'ai perçu l'Elément. L'espace d'un infini moment épars, j'ai cru en l'angoisse d'une éternité. J'ai été. Puis la force farouche s'est abattue, le son s'est tu.

Noir.  Noir sombre et bleu. 

Tout sens en éveil, jouet perdu, pantin désarticulé, hochet d'océan. Se sentir perdu, en apesanteur entre la terre et le ciel dans un jeu trouble et troublant… Sensation en perdition, floating-room, en tout sens tout n'est qu'eau, tout n'est que hauteur et sommets inaccessibles dans les plus profonds flots. En perte d'équilibre…

Emergence dans l'urgence… Appel d'air… bouffée de vie et de nécessité et,…

Paré à replonger, à corps perdu, dans l'immense et le surprenant…

 

Sous influence musicale

Fink, "Fresh produce", Ntone





18:56 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |