05/10/2003

vague

Pensées tubulaires tissées au gré d'un rouleau de mer bleuté…

J'écris une sensation, la sensation d'un infini copeau de temps. Le temps pour une vague de se briser et de m'engloutir dans le chaos de sa destruction.

Se retrouver là, au creux d'un rouleau nécessite un avant: le bruit de l'océan s'éclatant sur la côte ou quelques récifs, le son du vent vague et puissant. L'eau s'avance, se retire et s'étire… l'eau court et glisse, soulevant et emportant.

Harmonie d'un instant: la mer s'ouvre. Etre. Etre juste. Juste être, au bon endroit, au bon moment: tout est question d'espace et de temps, de patience, d'errance et de tâtonnements…

La mer s'élève, précision fugace d'un instant propulsé dans un doux ralenti au fond de ma rétine. La mer atteint un degré intense de verticalité, la mer est mur (mûre?), elle se dresse et s'avance, elle chancelle et… c'est l'instant.

Le bruit s'estompe, il change de sens, il n'est plus qu'imprécis, échos éperdus et sourds. Le son est important, par sa force, par le repère qu'il a imprimé dans notre perception du monde. Le son se fond. D'une spatialité géométrique, il s'écrase en un aplat teinté d'éternité.

La vague est là.

Elle entraîne, elle couvre, elle enveloppe, l'ombre pointe, la lumière disparaît, tout ondule, la mer happe…

Au creux d'une vague, je suis l'éclat, l'écume et l'amertume… je suis en son sein.  Le bruit et la lumière en fusion, l'espace d'une fraction infinitésimale de temps, j'ai senti. J'ai senti les forces en présence s'opposant, j'ai perçu l'Elément. L'espace d'un infini moment épars, j'ai cru en l'angoisse d'une éternité. J'ai été. Puis la force farouche s'est abattue, le son s'est tu.

Noir.  Noir sombre et bleu. 

Tout sens en éveil, jouet perdu, pantin désarticulé, hochet d'océan. Se sentir perdu, en apesanteur entre la terre et le ciel dans un jeu trouble et troublant… Sensation en perdition, floating-room, en tout sens tout n'est qu'eau, tout n'est que hauteur et sommets inaccessibles dans les plus profonds flots. En perte d'équilibre…

Emergence dans l'urgence… Appel d'air… bouffée de vie et de nécessité et,…

Paré à replonger, à corps perdu, dans l'immense et le surprenant…

 

Sous influence musicale

Fink, "Fresh produce", Ntone





18:56 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Commentaires

:) Je t'aime JiBi ... ( heu! les autres vous méprenez pas ! )
Merci JiBi pour ce beau texte ( sensation )

Écrit par : BloodFlowers | 05/10/2003

:'-( Et moi alors ?! Je veux aussi une déclaration d'amooouuuuuuuuuuuur !!

Merci JiBi pour ton passage éclairant sur mon 'tit blog, promis je regarderai Emir Kusturica ! J'aime beaucoup ce que tu fais, même si je ne mets jamais de commentaires... pardon. C'est que je ne sais pas quoi écrire... mais continue, c'est vraiment super !

Bonne soirée à toutes et tous !

Écrit par : Yeshe | 05/10/2003

C koi? ces declaration d'amour, flower-power?
j'trouve le text beau mais triste! et j'y vois pas d'amour.

Écrit par : simply | 07/10/2003

rire sorry simply

Écrit par : Mel | 07/10/2003

Je découvre seulement tes mots (mea culpa)... ... et les apprécie !!

Écrit par : mulb | 07/10/2003

toujours un plaisir... de venir te lire... ;-)

Écrit par : jerome | 08/10/2003

waouw!!! tu me noye d'amour la jibi!extra j'adore ca.

Écrit par : ::Armatt. | 08/10/2003

Mérot, "Mammifères"
A propos, as-tu eu l'occasion de te plonger dans ce magnifique roman ?

b.

Écrit par : Bergman | 12/10/2003

puisqu'ils t'aiment tous pourquoi pas moi
Du fond de l’enfer carcéral je vous soutiens tous, les gars !
Je porte le blog avec vous !
À preuve : http://jemappellehenri.skynetblogs.be/

Écrit par : xian | 17/10/2003

merci pour ton post j'aime les remarques quand elles sont constructives.

Écrit par : jerome | 17/10/2003

On découvre une esquisse... ...et c'est exquis !
@u plaisir de te lire encore !

Écrit par : Eruwill | 20/10/2003

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