07/09/2003

Icône (2/3)

Icône est un mot qui me fait peur. Je ne sais pas exactement comment l'aborder. Une Icône est un plaisir dont je reste l'absent. Une Icône, c'est ces peintures sur bois qui ornent les églises, ces peintures hiératiques dont les regards semblent toujours nous traverser, nous transcender. Une Icône m'apparaît toujours froide et sans chaleur, fascinante et surprenante, séduisante et envoûtante. Je me sens toujours distant et éteint dans la profondeur de leur regard. Une Icône appartient à un degré dont je ne suis qu'humble spectateur, une Icône est lointaine, elle induit l'inaccessibilité… Une Icône dans la distance qu'elle impose, m'enchante, me charme et m'enivre. Une Icône se nourrit des pensées, qu'en secret, je lui confie. Une Icône est un songe éveillé, la proximité du hors d'atteinte…

Marcher dans une ville, même sommairement se révèle toujours expérience curieuse et plaisante. Marcher dans une ville, c'est se confronter aux regards, aux attitudes, aux us et coutumes d'un univers particulier. J'aime bien la ville et l'anonymat qu'elle véhicule. J'aime bien la ville quand elle m'est étrangère. Avancer parmi les badauds badinant, se frayer un passage à travers la foule, tirer une route-surface en un itinéraire dont l'absence d'informations, quant au flot et au courant, se révèle en une exploration étrangement agréable dans ce flou de paramètres.

Se laisser aller, ne plus penser, marcher, l'esprit en éveil cependant. Etre absent des regards mais attentif au moindre bruissement. C'est ainsi que j'aime marcher en ville. Ignoré mais n'ignorant rien. Ma démarche est précise, rapide et souple, agile pour éviter tout contact et ne perturber en rien l'alchimie qui s'opère. Je passe comme une ombre, une ombre aux milles visages, me fondant dans une masse méprisant ma présence. Je suis comme tout le monde, ni plus, ni moins, un homme qui marche, tout simplement. Une ville reste un mystère, elle offre et nous reprend, inflexiblement. Elle nous tend multitude de regards, de pièges et sortilèges…

Je marche dans une ville, mon regard croise des corps en mouvements, la vie s'écoule. La ville vibre et m'englobe, elle me donne du souffle, elle m'emmène par le bout du nez, ne résistant au chant, elle muse et s'amuse, m'emportant et me perdant à travers des foules et des rues inconnues. Au détour de quelques impasses, la ville m'abandonne et offre à mon regard, la grâce d'une cariatide perdue, inaccessible, belle et à jamais inconnue. Mon regard se tasse, tandis que l'Icône s'efface. Sans trahison d'impression, l'Icône méduse, et s'estompe dans la fourmilière. La distance ténue d'une Icône au regard ne se rompt jamais, elle reste le garant de la stabilité d'un univers même éphémère. Une Icône s'apprécie et fascine, incoercible par l'essence même de son caractère impénétrable.

Au milieu de la foule, je suis un homme. Un homme qui marche et qui dans le secret de son cœur vient de confier songes et douleurs à l'Icône qui les emporte.

Dans la foule immobile, je suis un homme qui marche dont le bonheur du cœur se traduit par un sourire.

Dans la foule, je suis homme marchant et souriant, confiant, et pris… épris?

Epris. Mais cela, c'est une autre histoire…

 

Sous influence musicale

Buck 65, "Square", wea

Buck 65 sera en concert dans le cadre des Nuits du Botanique, le dimanche 28 septembre, au Musée, il sera accompagné de Boom Bip, Sage Francis, Raul Paz et Hanin Elias. Une escapade automnale sous influence musicale de bonne augure s'envisage probablement selon moi…




22:43 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.