03/09/2003

scarification (1/3)

Il est des impressions curieuses, la redondance des mots, par exemple. Je pense à l'émergence de quelques mots: Icône, scarification, éprise (que je mêle souvent en: "l'emprise d'une éprise méprisante"). Je les note pour un peu m'en extraire. Plutôt jazzy, ce soir. J'ai l'âme virevoltante. L'âme un peu trouble aussi. J'ai cogité toute la journée sur les sens et les mots.  Je devais écrire, mais les résultats d'une concluante bêtise m'ont laissé dubitatif quant à la teneur de mes propos.

Pourquoi ces mots? Je ne sais. Je sais juste que je les ressasse depuis quelques jours. Je sais qu'ils m'emmèneront quelque part, mais j'ignore où. Peut-être qu'en les exorcisant, à travers ce billet, je leur donnerai un sens, une existence.

Leur objet n'est peut-être pas la destination mais l'origine. Je crois en effet, que tout questionnement enferme en son sein, une grande part de réponse.

Scarification.

J'ai mangé en face de mon père, aujourd'hui. Je pressens l'excitation de quelques psys, en herbes ou avertis, se délectant d'un complexe d'œdipe ou autres croustillantes anomalies freudiennes "mâles" résolues. J'attends avec une certaine impatience leur analyse, et je n'en suis, pas le moindre, inquiété. Ma mère était aussi présente (pour contribuer à une bonne analyse, je tiens à n'oublier aucune présence), je n'ai pas parlé, je les ai écoutés. Mais là n'est pas l'objet des quelques mots que je vous livre. Mon regard s'est arrêté sur une petite cicatrice que mon père possède à son bras droit. Il doit s'agir d'une brûlure, en forme de v. Mon esprit distrait, à laissé le truchement des idées opérer. S'imaginer et ériger son corps en une accumulation de détails variés en significations diverses. Tout ce que l'on peut lire à travers les coups et les accrocs de la vie. Le tragique d'une blessure que le temps altère mais n'efface jamais, la trahison de quelques rides supputant l'utilisation abusive de certains muscles (le rire contribue énormément au dessin modulaire du visage). Dans une certaine inconscience, on porte et on transporte, on s'identifie à travers les traces et les heurts. Témoignage d'un passé ancré sur et sous la peau, distinctions charnelles contant les affres du passé. Le corps s'écrit, jour après jour, par petite touche d'insignifiance, il offre, quand on s'y attend le moins la lecture d'une vie dans une écriture qui transcende. Je trouve cela beau et d'un intérêt certain, un corps vieilli, buriné par le temps et les soucis, je trouve cela sain, un corps qui se répare, qui prend en compte les paramètres nouveaux et s'en accommode pour se poursuivre. Un corps se lit, se découvre, il est en totale interaction avec le cours et le rythme, il encaisse et traduit de sa patine, les aléas de la vie.

A présent, que reste-t-il? Je vous laisse deviner: le plaisir de lire entre les lignes, s'escrimer avec les traits et les petites imperfections que traduit la peau. Je vous devine, scrutant l'infime, et j'apprécie l'idée de vous imaginer décrypter les codes inconnus narrant histoires dont le corps seul reste la mémoire.

Bonne lecture…

 

Sous influence musicale

Koop. , "Waltz for Koop.", JCR Jazzanova Compost Record

 



22:40 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Pfffff J'ai l'impression d'écrire des "niaiseries" après avoir lu tes posts.
Habituellement je n'aime pas les posts trop long écrit en petit mais toi je te lirais plutot 2 fois car il y a toujours une subtilité cachée sous les "mots".
Je me sens petit.
Continue surtout et amitié.

Écrit par : Eric | 04/09/2003

... Slt... l'homme sous "bonne" influence ! Beau ton texte ...

Écrit par : sioran | 04/09/2003

Tssssss !!! Eric du sapin vert :) Personne n'écrit de niaiseries .... mais chacun donne ce qu'il peut :)
Et nous sommes tous grands Eric.

Coucou Jibi :) .... je suis de sortie .... je me permets de laisser une trace de moi , chez toi .
Tsssss !! trop beau ton texte ... mais il me rend triste ( pourquoi ? )

Amitiés

Écrit par : Mel_BloodFlowers | 07/09/2003

sous influence... ...de toi...tes mots transpirent a la fois de poesie et de verite...je les lis et relis...que dire d'autre?

Écrit par : bloodymary | 07/09/2003

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