17/08/2003

l'attente

L'attente constante.

L'attente latente.

Je n'attends rien et pourtant je reste songeur.

Je suis déçu et pourtant impatient.

Impatient de surprises, de troubles et d'émotions.

Ambivalence des pensées qui traversent mon ciel de nuit. J'ai parcouru, ces derniers jours, un morceau de chemin ténu, j'ai éclipsé mes lectures distrayantes, j'ai plongé au tréfonds de mes angoisses.

Je n'ai pas peur. C'est étrange, je ne me sens pas plus fort qu'un autre, je n'ai pas plus d'intelligence, plus d'expérience pour affronter les épreuves, mais je n'ai pas peur. Je suis et reste impatient d'en découdre. Ce qui m'angoisse n'est pas l'épreuve, mais son absence.

J'ai mis le pied sur une mine.

Je n'ai pu que soupçonner sa présence. Je l'ai perçue bien avant, je crois que je l'avais même aperçue. Serait-il possible qu'inconsciemment je m'y sois volontairement dirigé? Je n'ai arrêté mon pas que quand il fut bien établi, posé sur la petite rotondité métallique pas plus dérangeante qu'un gravier. La seule évidence est, qu'à traverser un champ de mines, l'aboutissement ne reste que peu de temps hypothétique.

J'ai entendu le son caractéristique du levier de déclenchement.

Plus un doute.

Un axiome.

Rien n'est fini encore. Je n'ai aujourd'hui que la certitude de ce qui s'est passé et l'incertitude de ce qui va se passer. Mon pied fait corps avec la détente sur laquelle je reste planté.

J'ai entendu le cliquetis significatif du mécanisme de détonation.

Tant que je ne bouge, il ne se passera rien. Tant que je reste en place, il ne se produira rien. Le temps s'est arrêté.

J'ai suspendu mon pas.

J'attends.

Equilibre.

Suspension.

Le temps s'est figé. Erigé au statut statuaire, inflexiblement, mes yeux se sont clos, à travers mes paupières, une vie défile à grande vitesse.

Je n'ai plus à attendre et pourtant je me refuse à ôter mon pas et à poursuivre, pour pas plus d'une fraction de seconde, la course de ma vie. Je reste. Je n'ai pas à poser un pas plus loin. Je sais ce qui se produira quand d'un geste lent ou rapide, je lèverai la jambe. Je sais.

Autant rester là, je n'ai rien à perdre. J'ai tout mon temps, à présent. Je peux penser et m'imaginer. Me repasser mes errements et composer un avenir plus enclin à m'offrir ce que j'attends. Ce que j'attends? Je suis plein d'ironie.

Quand il ne reste plus qu'un champ de ruines, l'éventail de possibilités se démultiplie.

Quand on touche le fond, on peut, dit-on rebondir. Sceptique et cynique, je m'éclate à l'idée de rebondir en cet instant et m'éparpille en diverses pensées…

Je pense à tout et à rien.

Ai-je le droit d'attendre?

Les questions fusent. Indistinctes il y a quelques moments, elles se précisent et se précipitent. Tant de questions intimes, pour si peu de réponses d'estimes.

Je n'en attendais pas tant.

 

Sous influence musicale

Sybarite, "Nonument", 4AD



14:41 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Commentaires

les mots merci pour le message..........
j'ai bien lu vos écrits aussi...............il y a des phrases qui me plaisent....je les relirai................
je repasserai chez vous......................
merci

Écrit par : carole | 17/08/2003

Ecrire du 5 aout Ecrire, tes mots me laissent également un goût amer - celui sans doute de rejoindre
mes pensées, elles, non écrites. Et pour cause.
Je ne suis pas de nature pessimiste, au contraire, ni de nature négative (ce qui reviendrait
au même certainement.)
Mais il faut de temps en temps être lucide et se rendre compte que hélas, il ne faut rien attendre.
De personne.
Prendre ce qui se dessine devant nous comme le meilleur.
Ne pas projeter de rêves inutiles, même si sans le rêve notre vie n’a plus sa véritable raison d’être.
Au jour le jour, respirer ce qu’il y a de meilleur, et si l’autre nous tend une main, un regard un sourire, s’en émerveiller comme au tout premier jour.
Je comprends tes mots, j’essaie de les interpréter…mais il semble qu’il me manque tant de morceaux pour compléter un puzzle.
Car les mots ne représentent que si peu de la pensée ou de la réalité.
Il faut sans cesse les interpréter, les analyser, jouer avec…
Un travail considérable.
Un travail de groupe aussi. Deux au moins.
Il faut garder la tête haute devant l’adversité.
Essayer de ne pas souffrir de l’autre –
Des mots presque trop faciles à écrire, si difficiles à vivre.

Écrit par : petrouchka | 18/08/2003

Enki Bilal Au cours d'une entrevue, le journaliste a qualifié cet auteur de BD et réalisateur de film, de pessimiste. Sa réponse m'a plu:
"Je ne suis pas pessimiste, je suis un optimiste, un optimiste qui a compris."
Je me sers de ce souvenir radiophonique, dont je suis très proche, pour élaborer un début de réponse à tes propos.
Ton commentaire en lui seul nécessite plus que quelques mots.
A très bientôt donc...

Écrit par : jibi | 18/08/2003

Qui est Hyphen? Qui est Hyphen?

Écrit par : Hyphen | 18/08/2003

Etant lente ... D'esprit .... je vais relire ... je ressens comme une plainte ... des mots non vraiment dits ... je ne sais pas ... ou je sais et ne veux pas comprendre .... je ne sais plus ...
Perdue dans ce texte .... je ferme mon pc.

Écrit par : Mel | 18/08/2003

juste en passant bonne semaine

Écrit par : francine | 18/08/2003

Hyphen? Hyphen?
Il doit sans doute s'agir d'un(e) étudiant(e) en publicité.
Cependant, selon les bases théoriques dont je me rappelle, avant de suciter la curiosité, il faut provoquer le besoin, le désir, en ayant recours à l'effet d'annonce (même succinct). S'il est vrai que je suis d'un naturel curieux, dans le sens intéressé par tout, ici, cela ne fonctionne pas, il me manque l'envie.
Je ne suis pas un grand adepte du 'spam' et si je me suis rendu sur ton blog, je n'ai pas aimé de ne pas pouvoir lire tous les commentaires. Certains sont effacés, ceux qui ne plaisent, un peu comme aux temps passé où la pensée divergente était éradiquée. Laisser le dialogue s'installer entre tes "clients-consommateurs" (la façon dont tu nous interpelles appartient, dans sa forme, à la publicité) aurait, me semble-t'il, été intéressant... la démarche aurait été plus imprévisible, peut-être moins facile pour toi à gérer, elle en serait resté cependant plus subtile, moins jeu de piste télévisé ou chasse au "trésor" toute préparée (et là je fais une fleur, car de trésor, dans le doute, je me retiens d'y croire).
J'aime la publicité quand elle me fait sourire (parfois) et/ou réfléchir (c'est plus rare), cependant je ne suis pas dupe, elle reste dans la filiation de ce qui en fut son apothéose, du néo-fascisme mercantile. Et le fascisme ne fonctionne pas trop avec moi, même si "le pouvoir des images", au sens premier et au sens figuré (cf. le film du même nom, de Leni Riefenstal ) exerce pour moi, toujours aujourd'hui, une fascination. Il est vrai qu'entre fascisme et fascine, si la différence semble minime, elle reste de taille.
Ceci dit, avant de m'avaler cent bornes pour aller à Tour & Taxis, voir un(e) illustre inconnu(e), qui n'aura sucité qu'une ébauche de curiosité, je préfère que le produit me soit clairement présenté (je n'ai jamais vu de ménagère accepter deux tonnelets de lessive X, contre celui dont la notoriété fait foi). Je t'invite donc, à m'apporter, en me surprenant (pourquoi pas?), la preuve que tu mérites l'intérêt que tu voudrais susciter.
Réconcilie moi avec ce procédé, je serais ravi en tout cas d'être étonné.
Je sais que tu effaceras mon commentaire(cela a déjà été fait), je décide donc de l'accoler au doux 'spam' racoleur que tu as glissé sur mon blog. (Avez-vous remarqué, ou est-ce un problème de PC? sur 24 commentaires annoncés, je n'en lis que 16...)
Bien à toi et à bientôt, j'espère...

Écrit par : jibi | 20/08/2003

Qui est Hyphen? Non pas en publicité...
Et pas toujours étudiant(e)...
Et je n'ai pas envie d'effacer ton commentaire... même s'il y est plusieurs fois (et même sur ton blog :-) )

Écrit par : Hyphen | 20/08/2003

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