12/08/2003

aujourd'hui

Aujourd'hui, il ne s'est rien passé.

Pas plus qu'hier, et je n'attends rien non plus pour demain.

Cela peut paraître triste, décevant, navrant, cela reste cependant d'une probabilité sans faille.

S'il m'arrive, d'ailleurs, quelque chose, c'est toujours une surprise, bonne ou mauvaise, j'en juge selon la spontanéité qui m'en émane.

J'ai parcouru quelques blogs, voyageant çà et là, à la recherche d'émotions, de textes, d'odes.

J'ai parcouru quelques blogs.

Je n'ai laissé nulle trace de ma présence, juste le silence.

J'ai été interpellé, certes, mais les mots m'ont laissé choir.

J'ai renoncé à l'idée d'apporter commentaire aujourd'hui. Je n'avais vraisemblablement pas l'once de quelque chose à écrire. Je n'étais pas toujours satisfait des propos, mais bon, je n'allais pas en ce jour me révéler instigateur de débat à débauches d'idées dont je n'avais nulle envie de m'extirper en de longues et solennelles diatribes.

J'ai poursuivi ma lecture, de page en page, rebondissant d'un post à l'autre, sans but littéraire, ni itinéraire bien établi. Ce fut une sorte de lèche vitrine, une errance qui se soldât (-50% sur la baïonnette, je n'ai pu résister et j'en suis désolé) par l'hésitation puis la résignation.

Je me suis néanmoins posé des questions (à force on finit par relâcher l'attention), quand j'ai relu une nouvelle fois le commentaire de Juju (http://au-jour-le-jour.skynetblogs.be ), sur le thème de "qui voudriez-vous être ?" (je résume un brin ses propos, en vous invitant à parcourir ses réflexions, peut-être même serait-il bon de les lire avant de poursuivre, mais je vous laisse seul juge).

J'ai parcouru, donc, une liste de personnalités célèbres.

Je reste cependant plus partisan de l'idée que "moi-même" reste une réponse que je n'utiliserais que peu (je pense n'étonner personne), en restant parfaitement conscient que, si je ne répondais "moi-même", peu d'entre vous aurait l'envie de prendre ma place. Ce sort, cependant, je n'accepterais que difficilement l'idée qu'il en incombe à un autre, de crainte qu'il ne le réduise à en réaliser quelque chose, j'en assumerais donc, définitivement, la fonction à plein temps. Mais, revenons aux choix proposés, voulez-vous?

Les personnalités établies en une liste que je jugeai non exhaustive, ne me parurent cependant que le pâle reflet de ce que notre société a engendré. J'eus dans la tête divers noms, et un en particulier, qui me trottèrent, mais avant de m'y pencher, je me suis interrogé sur la teneur de ces propos.

Moi, jibi, sain de corps et d'esprit (sans doute et peut-être, dans l'ordre de mes propos), me verrais-je endosser la carrure de ces grands dont les noms fleurissent en nos dictionnaires? Je me suis senti petit, et peu enclin à m'enrôler en de telles destinées. J'éprouve une certaine certitude que j'aurais, à tout gâcher, à échouer là où ces grands devraient réussir. Et c'est là que mon esprit vif et habile (je m'en sers une couche, je désespère d'ors et déjà à l'idée de vos commentaires), rejoignit mon idée préliminaire à la pensée de cette liste non exclusive. Me situant à la limite de la bouffonnerie si je devais incarner l'idolâtre et n'effleurant que la certitude du fiasco dont je serais clé de voûte si j'en venais à devoir remplacer le génial, mon esprit vagabonda et m'incita donc à porter candidature à l'hypothétique expérience induite par Juju.

N'en déplaise à mes futurs détracteurs, je pense que s'il existe un rôle, un seul, dans lequel j'accepte de m'investir, car j'ai l'intime conviction qu'il me siéra d'exceller en un cuisant échec, et qu'avec le tact, la finesse et l'infinie incapacité dont je puis faire preuve sans aucune volonté, je reste le seul à pouvoir échouer, briser, sans jamais m'en approcher, "l'œuvre" que son auteur put espérer, il s'agit d'Adolf Hitler (symboliquement, je choisis ce rôle qui, implicitement en englobe beaucoup d'autres, il va s'en dire qu'il y a pléthore d'individus dont "l'accomplissement" me déplaît).

Je sais pertinemment que je n'en ferai rien de bien, je sais assurément que je n'en ferai rien de pire. Son œuvre, par mes soins et mon inaptitude, réduite en cendre (autodafé de nos mémoires), ma réussite sera marquée par la disparition d'un nom, d'une personnalité, d'un vocabulaire et surtout d'un chapitre sombre, triste et déplorable qui entache à chaque moment notre histoire… qui s'en plainderait?

Qui se plainderait d'une réussite anonyme?

Quel plaisir que de s'imaginer qu'à la fin de sa vie, Adolf H., 76 ans, artiste peintre inconnu dont l'œuvre reste ignorée de ses contemporains, puisse répondre à la question "Qui auriez-vous voulu être?": moi-même.

Que certains puissent, aujourd'hui, assumer avec conviction leur vie "ultra-ordinaire" en répondant "moi-même" à cette question, nous sauve, peut-être (mais pas assez sans doute), de bien des rôles peu enviables ou souhaitables qualifiés d'extraordinaires…

Il ne se passera rien demain.

Mais qui sait…

Une surprise me guette peut-être au coin d'un commentaire…

 

 

Sous influence musicale

Dictaphone, "m.= addiction",

Parallélisme littéraire,

Eric Emmanuel Schmitt, "La part de l'autre"



23:25 Écrit par jibi | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

Tout a fait C'est exactement le contenu de ce que j'ai adressé a Julie !
Et d'ailleurs son message est en deux volets.

Écrit par : Jorael | 13/08/2003

Que répondre là ?? .... non dire !!! Si je dis que je suis" bien d'être dans ma peau, sans envier celles des autres , passés ou à venir " .... suis-je normale dans ma pauvre existence ?
Si je dis que j'aurais aimer avoir le talent de UNTEL dûment reconnu ( Mozart , Molière etc ) suis-je anormale ??
Je ne sais pas ... et en fait je m'en fou !!
De manière prétentieuse ( rire) je suis moi et celà me suffit grandement ... chaque jour, j'essaye d'être moins sotte ( et c'est difficile )
J'apprends au fil des jours à me colter avec mon MOI ( le bien ... le mal )
Je suis double .... et je ne suis que moi .... une femme, en recherche de savoir pourquoi que les "humains " sont si cons parfois, comme moi et si sublimes par moment!!
Il y a une chose dont je suis certaine ... jamais je ne me renierai, même dans mes faiblesses ... mais j'essayerai de m'améliorer au fil du temps .... et le temps est si court !!
Peut-être que dans mon" inconscience", j'aurai choisi, comme toi Esquisse ... d'être celui dont tu parles ( sans parler de la cohorte de ses semblables qui ont jalonnés l'HISTOIRE ) pour faire que jamais plus nos dictionnaires ou encyclopedies ne soient envahis par leurs tristes méfaits ... mais bon ... d'autres, sous d'autres noms se seraient fait connaître et tout aussi grave suivrent, VOILA ... le problème .... les inconnus .... qui suivent par désespérance n'importe quelle route .
Peut-être que les gens dits "Eveillés" n'ont pas su parler suffisament clair et fort , pour que ces personnes ne suivent pas des routes qui mènent vers la violence de la suprematie de l'un sur l'autre.
Je ne sais pas philosopher .... je n'en ai pas honte .... et pour finir je voudrais parodier une chanson " J'aurai voulu être une artiste "
Je souris ...
J'aime te lire Esquisse.
Amitiés

Écrit par : Mel | 13/08/2003

bonne journée j'entends souvent dans la voix de ceux parlant d'un tel ou un tel
de l'envie
comme s'ils souhaiteraient être à leur place.
Mais on n'est jamais à la place d'un autre
et on sait rarement si cette personne est heureuse.
Parfois on pense que telle personne a tout pour être heureuse
et après qu'apprend-on
tout est possible
c'est pourquoi je ne souhaite jamais être à la place de quelqu'un d'autre
car j'ignore si en fait sa vie est meilleure que la mienne.

si je devais choisir
je ne choisirais certainement pas de revivre ma vie
je pense que je préférerais ne jamais avoir été.
en fait j'y pensais quand j'étais jeune

Écrit par : francine | 14/08/2003

ne jamais avoir été? qui donc serait là pour m'écrire et m'encourager? Où que nous soyons, peu importe l'état dans lequel nous végétons, nous avons la responsabilité d'être une part d'humanité...
Par nos mots, simples, nous offrons multiples réflexions, en cela, inconsciemment, nous permettons aux autres d'avancer, de partager, de s'accomplir, jour après jour, pas à pas, mot à mot...
merci à vous, pour vos pensées...
Vous existez et me faites exister!

Écrit par : jibi | 14/08/2003

Tu n'écris plus rien ?? Ca me manque ... c'est ton droit ... pardon de l'avoir dit
Amitiés JiBi

Écrit par : Mel | 16/08/2003

je pensais écrire quelques mots... mais, un courrier particulier a retenu mes pensées...
je reviens prochainement, assurément...
je suis touché par ton inquiétude... mais je pense, Mel, que tu comprendras...

Écrit par : jibi | 17/08/2003

Le gouffre qui épuise les mots Parfois, il faut traverser le vide, affronter le néant pour trouver ensuite une raison qui ne désirait pas se montrer trop facilement...

Écrit par : Etolane | 17/08/2003

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